Le Dr Martin Mukisi Mukasa est un spécialiste de la réparation des plaies. Notamment des plaies en lien avec une maladie chronique, le diabète. Il officie à son cabinet à Antillopôle, Les Abymes, et au Centre médico-social, clinique Pitat de Basse-Terre.


Quand il reçoit des patients qui présentent des plaies de toutes sortes, diabétiques ou non diabétiques, le Dr Martin Mukisi Mukasa dirige les malades pour des plaies infectées qui nécessitent une greffe, vers la polyclinique du Dr Pierrot.
Il s’agit ici d’une hospitalisation classique, pour les patients qui ont des plaies qui ne sont pas guéries dans un délai d’un mois. Ces patients bénéficient de pansements spéciaux, de suites de soins.
En revanche, pour ce qui est des patients diabétiques qui présentent des plaies type pieds diabétiques ou des ulcères diabétiques sur la jambe, des plaies vasculaires, ulcères veineux et artériels, des plaies spécifiques en Guadeloupe, liées à l’hypertension (la peau reçoit moins d’oxygène et se nécrose), des ulcères dus à la drépanocytose, et des escarres difficiles à traiter, il y a des perspectives de traitement à la clinique Pitat.

« Dans mon équipe médicale, médecins et infirmières ont un diplôme spécifique pour traiter les plaies et assurer leur cicatrisation. C’est la seule fois où médecins et infirmières sont sur les mêmes bancs pour apprendre », expose le Dr Mukisi Mukasa.
De même, dans son service, la télémédecine fonctionne quotidiennement. « J’ai mon cabinet à Antillopôle, aux Abymes, et quand je ne suis pas présent, je suis en lien permanent avec les infirmières qui sont à la clinique Pitat. Nous échangeons sur le type de soins à apporter au patient à un moment donné. »
Un laser pour guérir les plaies
Ce qui caractérise la pratique du Dr Mukisi Mukasa, c’est l’utilisation d’un laser pour soigner les plaies.
« La plaie, c’est la douleur. Quand on nettoie des plaies, malgré les antidouleurs, la délicatesse des praticiens, la douleur est présente. Avec le laser, on nettoie les plaies avec peu de douleur. »
Comment lui est venu l’idée du laser ? « En Inde, il y a beaucoup de pieds diabétiques pour lesquels la douleur est importante et pas d’accès rapide aux blocs opératoires. Les chirurgiens ont pensé à utiliser des lasers pour soigner ces pieds diabétiques. En Inde, l’utilisation de lasers en médecine esthétique est une pratique courante. »
De l’Inde à la France, puis à la Guadeloupe, l’idée a fait son chemin. « Des ingénieurs franco-russes, après la chute du Mur de Berlin et la fin de l’URSS, ont travaillé sur des lasers spécifiques. Ces lasers sont utilisés sur des plaies depuis une dizaine d’années. Il y a deux ans, lors d’un congrès à Paris, j’ai pu rencontrer un médecin lyonnais adepte de cette solution de soins. De retour en Guadeloupe, j’en ai parlé avec le Dr Jean-Claude Pitat et je lui ai proposé cette solution. »
Depuis deux ans, la clinique Pitat disposede ce laser.
Comment opère-t-on sur les pieds diabétiques ?
« Un pied diabétique, généralement, on l’ampute. C’est ce que j’ai fait pendant des années au CHU de Guadeloupe avant de donner ma démission. Je savais qu’il y avait d’autres solutions pour le traitement, sans amputer. »
Un service dédié à la clinique Pitat
A la clinique Pitat, le Dr Mukisi Mukasa a un service dédié. Là, il reçoit les patients pour un traitement au laser. Ce laser est une machine française, mise au point par des ingénieurs qui ont adapté celle-ci aux besoins.
Allongée, Ariane, 93 ans, attend son traitement au laser. Son pied présente une plaie en voie de cicatrisation. Il reste juste une petite partie rouge vif, la peau a recouvert la plaie qui était plus importante.
La patiente raconte : « Cette plaie est apparue quand j’étais enceinte de huit mois de ma fille. C’était il y a 53 ans. Une veine a éclaté sur ma cheville. »
Aujourd’hui, la plaie est en voie de cicatrisation, presque refermée, et la patiente attend patiemment son soin du jour.
Témoignage
« Au fil des années, la plaie était toujours là… »
Yolande est la fille de la patiente. Elle est près de sa maman et explique le long cheminement qui a conduit jusqu’à la clinique Pitat et aux soins de l’équipe du Dr Mukisi Mukasa.
« Quand ma mère a eu cette plaie qui ne voulait pas guérir, la médecine était moins évoluée. Et puis, il y avait l’entourage qui lui disait qu’on ne savait pas l’origine de cette plaie et qu’il fallait attendre sa guérison naturelle. Au fil des années, la plaie était toujours là et il n’y a pas eu de prise en charge médicale. Plus tard, j’ai conduit ma mère dans une clinique à Paris, où on l’a soignée. La plaie a été cicatrisée. Malheureusement, elle a attrapé le chikungunya et, comme la peau était très sensible, très fine, elle s’est rouverte, sur un petit œil qui a grandi en surface. Un médecin nous a dit qu’il fallait voir le Dr Mukisi Mukasa et depuis, elle est soignée à la clinique Pitat. »








