La sédentarité tue
André Atallah, président d’HTA-GWAD, a mis en place, à Basse-Terre, une action : Boujé sé santé. Il incite à pratiquer une activité physique pour une meilleure santé.

Pourquoi faut-il s’adonner à une activité physique régulière ?
C’est prouvé. Plus le temps journalier passé en position assise est élevé et plus courte est l’espérance de vie. La sédentarité favorise le développement de facteurs de risque cardiovasculaire comme l’hypertension artérielle, le diabète, le cholestérol trop élevé, l’obésité, avec toutes les complications que cela implique. Mais surtout, la sédentarité « encrasse » notre organisme et tous nos organes qui vont fonctionner moins bien avec un niveau d’inflammation et de stress oxydatif au niveau de l’organisme qui va augmenter. Ces dernières perturbations vont favoriser le développement de nombreuses maladies, comme les cancers.
La sédentarité favorise tous les troubles musculosquelettiques, mal de dos, de cou, d’épaules, qui sont responsables d’un grand nombre d’arrêts de travail. Chez le sujet âgé, la sédentarité favorise le développement de la maladie d’Alzheimer et le risque de chutes.
Enfin, la sédentarité favorise le développement de plusieurs désagréments qui nous gâchent la vie quotidienne : jambes lourdes, constipation, sensation de fatigue chronique (le moindre effort paraît insurmontable).
Les études scientifiques ont prouvé que les comportements sédentaires en favorisant le développement de nombreuses maladies, sont associés à une diminution de l’espérance de vie. En d’autres termes : la sédentarité tue.
Trop de télévision tue. Une étude publiée par Wjindaele K et collaborateurs dans le Journal International d’Epidémiologie (Int J Epidemiol) en 2011 avait déjà signalé que la mortalité entre ceux qui regardaient la télévision régulièrement plus de 6 heures par jour, par rapport à ceux qui étaient devant leur petit écran moins de 2 heures par jour était multipliée par 3.
Quels sont les bénéfices d’une activité physique régulière ?
L’influence de l’activité physique sur la qualité de vie en premier lieu : les personnes physiquement actives prennent leur santé en main. Les personnes actives n’ont pas les mêmes habitudes de vie que les personnes inactives. Ils sont généralement plus soucieux de leur santé et de leur qualité de vie. Elles se préoccupent plus de leur alimentation, de leur environnement et évitent certaines habitudes pouvant être nuisibles ou néfastes pour la santé.
Puis, il y a l’influence de l’activité physique sur le système cardio-vasculaire : normalement, les risques d’infarctus sont deux fois plus grands chez les sujets non-entraînés que chez les sujets entraînés. Après la quarantaine, les risques augmentent considérablement chez les non-entraînés. L’entraînement en endurance n’a pas seulement une influence importante sur le cœur (et par là même, un effet cardioprotecteur) mais aussi sur de nombreux facteurs de risque qui favorisent l’installation de maladies cardio-vasculaires dégénératives. Ces facteurs de risque sont principalement la sédentarité, l’obésité, l’hypertension artérielle, le tabac, le diabète et l’hypercholestérolémie.
Ensuite, l’influence de l’activité physique sur l’obésité : certaines études ont bien documenté une relation linéaire entre sédentarité et obésité, même après ajustement sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le niveau de formation, la consommation de tabac, d’alcool, l’apport énergétique. De plus, le fait de s’adonner à une activité physique régulière conduit à « soigner » son alimentation.
Il ne faut pas négliger l’influence de l’activité physique sur le diabète : les résultats de plusieurs études confirment que l’exercice physique est une pierre angulaire dans la prévention ainsi que dans le traitement du diabète de type 2. Dans une étude très connue, le « Diabetes Prevention Program », il a été prouvé que soigner son alimentation et faire une activité physique régulière a été plus efficace qu’un médicament.
Hypertension, ostéoporose, cancers peuvent être évités !
Les bénéfices de l’activité physique ne sont pas à négliger pour certaines pathologies comme l’Hypertension Artérielle (HTA) : la pratique régulière des sports d’endurance y compris nager en mer, c’est équivalent à l’efficacité d’une monothérapie (équivalent en termes d’efficacité à un médicament contre l’HTA).
La pression artérielle commence à s’abaisser déjà trois semaines après le début de l’entraînement sportif, mais il faudra attendre plus ou moins 6 mois de recul pour juger de l’efficacité. L’activité physique devra être pratiquée de façon régulière à raison de trois entraînements par semaine. La durée de l’entraînement sera de 30 à 45 minutes minimum par semaine.
Et puis, il y a l’influence de l’activité physique sur l’ostéoporose et les atteintes du système ostéoarticulaire : une augmentation modérée de la consommation de calcium et une habitude de pratique sportive prise très tôt dans la vie favorisent une masse osseuse maximale, réduisent au minimum la perte de tissus osseux liée à l’âge, et contribuent à diminuer le risque d’ostéoporose de plus ou moins 30 % à l’âge de 70 ans.
Enfin, il y a l’influence de l’activité physique sur certains cancers. Concernant le cancer du côlon, une méta-analyse rapportant les résultats de 21 études incluant 9 512 diagnostics de cancer du côlon a conclu que le risque de cancer du côlon proximal était plus faible de 27 % chez les personnes les plus actives. Concernant le cancer du sein, plusieurs études ont montré une réduction de son incidence allant de 10 à 25 % chez les femmes pratiquant une activité physique régulière comparativement à celles qui sont inactives.
« Sortir le chien plus longtemps que d’habitude. Profiter d’un rayon de soleil pour jardiner. Aller acheter le pain à vélo plutôt qu’en voiture. Accompagner les enfants à l’école à pied. Faire une balade en famille ou entre amis sont des activités de tous les jours et utiles pour conserver une bonne santé. »
Comment pratiquer une activité sportive : à quelle intensité ? Quelle durée ?
Le SMIG : Sport Minimum Indispensable aux Gens soit l’équivalent d’une demi-heure de marche quotidienne chez l’adulte (30 minutes c’est bien, plus c’est encore mieux). C’est ce qui est proposé dans le cadre du PNNS (Programme National Nutrition Santé), soit l’équivalent d’une demi-heure d’activité physique modérée par jour chez l’adulte. Attention, pour l’enfant, c’est minimum une heure d’activité physique modérée par jour.
Pourquoi tous les jours de la semaine ? Parce que la régularité de l’activité physique est essentielle pour obtenir un bénéfice sur la santé. L’idéal est de faire de l’activité physique chaque jour de la semaine. 5 jours est le minimum recommandé, 7 c’est encore mieux…
Quelles activités ? C’est au quotidien qu’il faut mettre en place ces recommandations.
Quelques conseils pratiques : prenez l’escalier plutôt que l’ascenseur ou les escalators. Garez votre voiture à distance de votre destination pour finir le trajet à pied. Evitez de rester assis pendant des périodes prolongées surtout quand vous regardez la télévision ou que vous êtes au bureau.
Sortir le chien plus longtemps que d’habitude. Profiter d’un rayon de soleil pour jardiner.
Aller acheter le pain à vélo plutôt qu’en voiture. Accompagner les enfants à l’école à pied. Faire une balade en famille ou entre ami.
Le chiffre
3,2
Le manque d’activité est actuellement considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme le quatrième facteur de risque de mortalité prématurée et on estime que dans le monde, 3,2 millions de décès chaque année sont attribuables à l’inactivité (OMS 2008).
7 000 pas c’est suffisant !
Classiquement, on évoquait 10 000 pas par jour pour améliorer de manière importante sa santé. Que dit le Dr Atallah ?
En 1964, à l’occasion des Jeux olympiques de Tokyo, l’entreprise japonaise Yamasa a en effet commercialisé le premier podomètre portatif au monde, le Manpo-kei – dont le nom se traduit par « compteur de 10 000 pas ».
La recommandation du seuil de 10 000 pas à franchir pour rester en bonne santé ne repose sur aucune étude scientifique, mais sur une campagne marketing japonaise qui a tellement bien réussi, qu’on a oublié l’objet au profit de la formule.
Depuis une « méga étude » publiée dans la revue du Lancet, véritable référence, précise que marcher 7 000 pas par jour ferait baisser de 38% le risque de démence, de 22% celui de dépression et de 14% le risque de diabète. Cela réduirait aussi le risque d’avoir un cancer et de faire des chutes.
« Il n’est pas nécessaire d’atteindre 10 000 pas par jour pour avoir des bénéfices majeurs pour sa santé », a résumé le professeur Paddy Dempsey, co-auteur de l’étude et chercheur médical à l’université de Cambridge. « Les gains les plus importants se produisent dès 7 000 pas, au-delà ils tendent à se stabiliser », a-t-il ajouté.
La courbe significative où l’on assiste à une vraie amélioration de sa santé se situe au niveau de la tranche 5 000 à 7 000 pas.
Boujé Sé Santé

En Guadeloupe un dispositif a fait ses preuves afin d’inciter à l’activité physique, le fameux « Boujé Sé Santé avec les P3S, Parcours Sportifs de Santé Sécurisés.
« Nous avons en Guadeloupe, sous l’égide du Conseil régional et avec de nombreux partenaires dont l’ARS (Agence Régionale de Santé), mis en place un dispositif original, qui a été évalué dans un premier temps, puis étendu à toute la région : Le P3S : Parcours Sportif de Santé Sécurisé.
Un encadrement est assuré par des éducateurs sportifs et Professeurs d’Activité Physique Adaptée financé par l’ARS de Guadeloupe. La coordination est organisée par le Groupe HTA-Guadeloupe. Ce dispositif est labellisé PNNS, Plan National Nutrition Santé », explique le Dr Atallah.
Toutes les informations sont disponibles sur le site WWW.HTAGWADA.COM
NB : Une grande partie des données de cet article sont extraites du livre publié chez L’Harmattan, « Bouger est bon pour la santé ; Boujé sé santé » rédigé par le Dr André Atallah
Quelques définitions à connaitre
Sédentarité ou comportements sédentaires, Activité Physique, Inactivité Physique et Activité Sportive.
Sédentarité, comportements sédentaires : « Être sédentaire, c’est être assis au moins sept heures par jour en moyenne ».
L’activité physique au sens large inclut tous les mouvements effectués dans la vie quotidienne et ne se réduit pas à la seule pratique sportive
Inactivité physique : L’OMS classe comme physiquement inactives, les personnes qui réalisent moins de 30 minutes par jour (éventuellement fractionnées 3 fois 10 minutes), d’activité physique modérée. L’inactivité physique et la sédentarité sont deux notions différentes.
On peut être sportif et avoir un comportement sédentaire.
C’est classiquement le cas du représentant commercial qui pratique deux footings d’1 heure par semaine, mais qui, par nécessité professionnelle, est assis dans sa voiture 4 à 5 heures par jour, et 3 heures devant son écran à son retour à domicile (ordinateur et télévision). Cette personne a bien un comportement sédentaire.
Le sport, ou activité sportive. On peut la définir comme une forme d’activité physique codifiée par un règlement. Il pourra s’agir de sport de loisir ou de compétition








